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Vincent Mauger, Sans titre (2010) |
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Une vue de la partie présentée au Palais de Tokyo |
L'exposition Dynasty présentée au Palais de Tokyo et au Musée d'art moderne de la Ville de Paris tire déjà à sa fin et j'ai beaucoup à dire sur le sujet. Cette exposition-là, c'est un peu le pendant français de la Triennale québécoise où, pour résumer, un melting-pot de jeunes artistes prometteurs présents sur la scène internationale contribuent à donner une image dynamique de la ville aux visiteurs étrangers. Je résume très très brièvement, mais c'est à peu près ça. N'y connaissant pas grand-chose à la nouvelle scène artistique française, c'était une bonne occasion pour moi de me familiariser avec les artistes actuels et la tendance générale (s'il y en a une).
Et là bon, je sais que j'ai établi une comparaison avec la
Triennale québécoise, mais disons-le tout de suite, en terme de superficie, ça ne se compare pas du tout. En investissant l'espace à la fois du Palais de Tokyo ET du Musée d'art moderne de la Ville de Paris et en demandant à chaque artiste de créer deux pièces,
Dynasty a créé un monstre. L'exposition est immense, vraiment immense. Mais le truc bien, c'est que ce n'est pas surchargé (comme l'étaient certaines des salles de la
Triennale, à mon souvenir) et que chacune des quatre-vingts pièces est présentée convenablement, sans être polluée par la suivante. Pour garder la comparaison, la
Triennale comptait 135 oeuvres, dans un endroit équivalant approximativement à la moitié de ce que l'on a ici. La comparaison s'arrête maintenant, parce que pour réellement peser le pour et le contre, je devrais aussi m'attaquer au budget et ça, ça ne me tente pas. Voilà.
J'ai débuté ma visite par la partie présentée au Musée d'art moderne, sans raison autre que le fait que je suis arrivée trop tôt et que le Palais n'était pas encore ouvert. Après être tombée face à face avec un tapis géant (magnifique) et avoir traversé une forêt de speakers, l'oeuvre de Vincent Mauger (
Sans titre, 2010), une sculpture immense faite de casiers à bouteilles en polystyrène, m'a littéralement saisie. Je me serais crue en pleine caverne avec devant moi un tas de stalactites, ou bien sous l'eau regardant un iceberg (mais gris). Le tout heureusement moins angoissant côté claustrophobie. Un peu plus loin, Duncan Wylie présente ses toiles à l'huile consacrées à des ruines, et c'est franchement bien rendu. Dans mon petit cahier de notes, il y a deux étoiles à côté de son nom. Mais bon, mon système d'appréciation est assez rudimentaire. Si vous y apparaissez un jour, vous aurez soit deux étoiles, une étoile ou malheureusement, aucune étoile. Je vous souhaite donc la meilleure des chances. Et pour revenir à Wylie, je disais donc que ce récipiendaire de deux étoiles dans mon cahier (ce n'est pas rien!) avait produit de magnifiques toiles de ruines, ou plutôt de restants d'habitations. Ça a quelque chose de très tragique, cette série, mais les couleurs sont si belles que je me suis surprise à oublier le thème pour ne regarder que le côté abstrait de la chose. Et pour terminer avec une dernière oeuvre (parce qu'il y en a définitivement trop et que je ne suis qu'à la première partie), je dirais que Julien Dubuisson et sa
Ghost Dance (2010), une série de pas fossilisés dans un carré de ciment, ont aussi marqué mon parcours. C'est tout simple, et ça fait sourire. Quoi demander de plus.
Ça m'a surpris moi même, mais les artistes sur qui j'ai accroché en première partie ne furent pas du tout ceux qui me plurent en seconde. Et j'ai d'ailleurs eu bien du mal à me rappeler qui avait fait quoi (sauf exception) dans chacun des lieux, par la suite. Mais pour ceux avec qui le rapprochement s'est fait, ce fut bien intéressant de voir la proposition d'un endroit à l'autre. La pièce d'entrée au Palais de Tokyo, l'intrigante
Strategies for Post-Apocalyptic Computation (2009) de Robin Meier et Ali Momeni, est un véritable ovni sonore amplifiant des sons créés par trois insectes vivants. Ça a quelque chose d'un mantra, et ça semble particulièrement agacer les gardiens de sécurité (et moi je trouve ça drôle). L'immense salle suivante est sublime dans son ensemble (ce qui est assez rare je trouve, dans le cadre d'expositions) et regroupe la plupart des sculptures grand format de cette partie. Toutefois, une série de collages en noir et blanc de Alexandre Singh (
Assembly Instructions (Manzoni, Klein et al.), 2008), disposés à la manière d'une marche à suivre, se détache timidement du mur du fond. Juste assez pour me rappeler Moholy-Nagy l'espace d'un instant sans en posséder toute la poésie. Plus loin, dans un espace malheureusement bien mal éclairé, un petit crâne fait de rognures d'ongles recueillies sur un an par Laurent Le Deunff trône sous son cube de verre. On se demande à quoi l'artiste a pensé, mais c'est efficace et très bien rendu. Dans les pièces suivantes, Mélanie Delattre-Vogt présente une série de 21 dessins (
Instructions, 2010) expliquant différentes actions culinaires telle le déplumage d'un canard. Et bizarrement, malgré mon végétarisme solidement ancré, j'ai bien apprécié. Je me rends d'ailleurs compte que j'ai beaucoup plus de coups de coeur dans cette partie au Palais de Tokyo qu'au Musée d'art moderne. Allez savoir pourquoi. L'ensemble
Esthétique des différends (2010) de Benoît Maire, composée de collages, de dessins, de notes, de peintures et d'autres petits trucs, est probablement l'oeuvre du lot qui m'a le plus touchée et qui m'a semblé la plus sensible. Et sinon, pour terminer, la pyramide d'objets de Jorge Pedro Nuñez (
Hommage à Simon Rodia, The Watts Towers (nuestro pueblo), 2010) captivait par son ramassis éclectique empilé de façon méthodique. Je me suis bien amusée à faire des trouvailles parmi les vieilleries disposées là.
Cette exposition-là, c'est de loin la meilleure qu'il m'a été donné de voir depuis mon arrivée en France. C'est de l'éclectisme dans toute sa splendeur. C'est un ramassis qui n'a pas l'air brouillon. C'est un panorama à la limite du contrôlé. Et c'est surtout une très belle façon de découvrir les nouveaux artistes français de la scène mondiale. Je vous la conseille donc fortement, surtout qu'il reste encore une bonne semaine pour y aller, le tout se terminant le dimanche 5 septembre. Allez y!
Musée d'art moderne de la Ville de Paris
http://www.mam.paris.fr/
11, avenue du Président Wilson
75116 Paris
Métro Iéna
Palais de Tokyo
http://www.palaisdetokyo.com/
13, avenue du Président Wilson
75116 Paris
Métro Iéna