lundi 30 janvier 2012

Menus mouvements de va-et-vient (ou cette étrange sensation de déjà vu)


Elmyna Bouchard, Premier objet muni d'orifices (2011)



Quand j'ai posé les yeux pour la première fois sur une oeuvre d'Elmyna Bouchard (qui n'était en fait qu'une reproduction sur le site de la galerie Trois Points), j'ai vraiment établi une connexion avec ma propre pratique. Déjà, en observant les quelques oeuvres accessibles sur le Net, j'avais l'impression qu'elle et moi nous inscrivions dans un cheminement commun, que nous avions des intérêts très forts pour les mêmes problématiques.

Je me suis donc mis en tête d'aller visiter son exposition Menus mouvements de va-et-vient à tout prix, et je dois vous dire que je ne le regrette pas du tout. En fait, je ne me souviens pas avoir déjà regretté ma visite d'une exposition, alors celle-ci ne fait pas exception à la règle, mais j'irais jusqu'à dire que j'ai vécu une superbe expérience en me rendant chez Trois Points cette semaine, et que je vous conseille fortement d'aller y faire un tour.

Elmyna Bouchard, Deuxième objet muni d'orifices (2011)
Parce que Bouchard nous offre une magnifique série d'oeuvres sur papier de grand format créées par estampillage, c'est-à-dire qu'elle se fabrique de petits tampons d'un motif bien défini et qu'elle joue avec la répétition de ce motif pour créer des surfaces rappelant la laine ou encore la dentelle. Elle tire aussi avantage du côté imparfait de l'estampillage puisque chaque trace laissée est différente selon la quantité d'encre utilisée ou la force avec laquelle le tampon est appuyé. C'est donc un magnifique travail d'imitation de textures, mais aussi un travail jouant sur l'intime, le réconfortant et l'abstraction.

Je me sentais étrangement en terrain connu avec l'oeuvre de Bouchard. Ma pratique des dernières années se concentre principalement sur le travail du tissu amené au tridimensionnel grâce au pli ou encore sur sa reproduction sur papier par l'utilisation de motifs et par simple mimesis. En entrant dans la galerie, j'ai eu une étrange sensation de déjà vu. Cette exposition, c'était la mienne (ou presque). Mais bizarrement, plutôt que de me créer de la jalousie ou quoi que ce soit du genre, je me suis sentie moins seule. J'ai eu envie de continuer ma pratique, de retravailler mes oeuvres, de me donner de nouveaux moyens pour arriver à mes fins. Bref, cette visite fut très profitable pour moi.

L'exposition se termine le 11 février, alors vous avez encore un peu de temps pour vous y rendre. Et vous n'avez définitivement pas besoin d'avoir une pratique connexe pour apprécier. Les oeuvres sont très abouties, et l'ensemble est plus que cohérent. Allez-y donc!

Galerie Trois Points
http://www.galerietroispoints.qc.ca/
372, rue Sainte-Catherine Ouest
Espace 520
Montréal

lundi 16 janvier 2012

Église


































Quand j'étais jeune, j'aimais vraiment beaucoup dessiner des églises.

mardi 2 août 2011

Richard Purdy à Espace Shawinigan

Vue de la pièce Bindu : le Big Bang
Je n'avais pas eu la chance de voir l'exposition de Richard Purdy à Espace Shawinigan l'année dernière pour cause de stage parisien (quelle tragédie), mais à mon plus grand bonheur, elle a été représentée cet été. J'ai donc pu la visiter il y a quelques semaines, alors que j'étais de passage en sol mauricien.

Je commencerai tout de suite en établissant un premier bémol, parce qu'il est considérable. Pour moi, mettre en vedette un même artiste deux fois d'affilée pour un espace ne présentant qu'une exposition par année, ça témoigne d'un solide manque d'imagination et de vision. Et ici, je sais que je me contredis, puisque j'ai écrit il y a de cela quelques lignes que c'était « à mon plus grand bonheur » que l'exposition avait été renouvelée, mais malgré le plaisir que certains comme moi trouvent à découvrir en retard Richard Purdy, je considère tout de même que cette situation frise le ridicule.

S'il y a un lieu culturel dont je suis fière lorsque je parle de ma région natale, c'est bien Espace Shawinigan. Dès ses débuts en 2003, j'avais été conquise par ses lieux grandioses et uniques et par le choix des expositions présentées, la plupart du temps impeccables (j'en ai d'ailleurs commenté une juste ici). Je sais que ces dernières années, les subventions ont été considérablement amoindries (la saison estivale précédente ayant pratiquement été annulée pour être finalement sauvée par Purdy lui-même), et qu'il est difficile de promouvoir l'art en dehors des grands centres, mais je pense tout de même qu'il y a moyen et NÉCESSITÉ de se renouveler chaque été.

Toutefois, ce bémol n'enlève rien à la qualité de l'exposition, bien au contraire, puisqu'elle a aussi été augmentée de deux nouvelles installations (Entre ciel et terre et L'excavation : la cave), de même que de centaines de petits ajouts à la première salle (Unrestored). Mais bon, pour en finir avec ce bémol qui s'éternise, je dirais juste que pratiquement tous les artistes actuels ont de nouvelles pièces à leur catalogue de façon régulière, mais que ce n'est pas une raison pour en refaire une exposition vedette chaque année. Voilà. Mon chialage est officiellement terminé.

L'exposition est bien. Très bien, même. Elle réunit selon moi un bon mélange d'immersion, de ludisme, de zen, d'humour et de grandeur. Et ici, j'allais écrire que ça peut plaire autant aux enfants qu'aux adultes, mais je me suis rétractée, sachant que ce qui porte l'étiquette « tout public » finit souvent par n'en rejoindre aucun. Mais ce n'est pas le cas ici. Le côté grandiose et le lien avec la nature plairont aux adultes fanatiques d'art contemporain, alors que les enfants se réjouiront définitivement de devoir enfiler leurs bottes d'eau pour patauger dans l'espace d'exposition ou encore de jouer à attraper les morceaux de plastique fluorescent de la deuxième salle (Bindu : le Big Bang).

Pour ma part, j'ai particulièrement aimé Entre ciel et terre, consistant en un assemblage de sapins pendus au plafond, reflété sur le sol mouillé à la manière d'un lac par temps calme, le tout augmenté d'une fine pluie créant un environnement sonore très apaisant. Un lieu comme Espace Shawinigan est définitivement tout indiqué pour ce genre de présentation, de même que pour quelque chose comme Bindu : le Big Bang, cette énorme pièce plongée dans l'obscurité et remplie de petits jouets fluorescents. L'effet est saisissant, et l'on se sent automatiquement en pleine création du monde ou du moins, en pleine représentation de 2001, L'Odyssée de l'espace. La pièce Unrestored, véritable pastiche des salons français du 19e siècle, attire beaucoup l'attention pour l'effet général de réflexion des oeuvres sur l'eau, mais aussi pour ses petits clins d'oeil à plusieurs maîtres anciens ou à des icônes populaires d'aujourd'hui, toujours faits avec beaucoup de dérision. La nouvelle installation L'excavation : la cave est à mon avis beaucoup moins réussie, malgré que l'idée d'explorer les sous-terrains de la bâtisse soit intéressante. Je verrais bien un autre projet réinvestir cet espace dans le futur, si futur il y a.

Vue de la pièce Entre ciel et terre


Pour l'instant, je vous invite à découvrir, si ce n'est pas déjà fait, le fabuleux Espace Shawinigan. L'exposition de Purdy (dont je tais le nom pour cause de jeu de mots ringard) est présentée jusqu'au 25 septembre. Je vous conseille fortement d'apporter vos propres bottes d'eau si vous ne voulez pas devoir arborer les Crocs fournis à l'entrée (quoique ça puisse faire partie de l'expérience).

Espace Shawinigan
La Cité de l'énergie
1882, rue Cascade
Shawinigan
www.citedelenergie.com/

lundi 23 mai 2011

Carreauté


Étude de carreauté #1, crayon graphite, 2010.


































Bon, alors, mon plan de vous parler d'Elektra est tombé à l'eau puisque ce qui m'intéressait le plus dans leur programmation était concentré les soirs de semaine, et comme je travaille, je n'ai pas pu voir ça. Ça sera pour une prochaine édition, je crois bien. Sinon, je visite la Biennale de Montréal très bientôt, alors mon compte rendu s'en vient! J'ai hâte!

D'ici là, je vous gave de carreauté. L'année dernière, sensiblement à la même période de l'année, je faisais des études de carreauté pour un futur projet (qui est toujours futur, d'ailleurs). Vous en avez un exemple plus haut, et je vous en publie quelques autres bientôt. Voilà!

mercredi 27 avril 2011

Je ne suis pas morte.

Non, je ne le suis pas. J'étais juste à l'école et au travail et tout et tout. Je sais tout à fait à quel point c'est fâchant de suivre des blogs mis à jour aux six mois (pour l'avoir vécu assez fréquemment), donc pardonnez-moi.

Je suis déterminée à m'améliorer, et je suis libre tout l'été, donc j'essaierai de tenir à jour ce MERVEILLEUX blog. La Biennale de Montréal débute dans quelques jours, et je vous invite fortement à aller y faire un tour. Je compte d'ailleurs vous en reparler ici même. Même chose pour le festival Elektra qui aura lieu du 4 au 8 mai. Bref, plein de belles choses s'en viennent et je vais essayer du mieux que je peux de bien les couvrir! À bientôt, tous!

dimanche 21 novembre 2010

Passe ça à Kevin


































Bon. Je suis de retour après une période d'absence beaucoup trop longue. Mais disons que de retour de voyage, j'avais une tonne de choses à faire (dont me trouver un travail et installer mon appartement) alors ça explique un peu. Mais ça n'excuse rien, ce qui fait que je vais me reprendre du mieux que je le peux dans les prochaines semaines.

Le weekend dernier, je suis justement allée voir une petite exposition fort sympathique à la Galerie Boutique Headquarters. Je vais le dire tout de suite, j'étais un peu vendue d'avance. Parce que Passe ça à Kevin, c'est à moitié le travail de Mathieu Dubois, un gars que je connais et que j'apprécie bien (comment ne pas aimer quelqu'un partageant ma folle passion pour Nick Cave?). Mais tout de même, il y avait longtemps que je n'avais pas vu de nouvelles productions, et les oeuvres récentes m'ont énormément plu. C'est du bon, du perfectionné, du revu et corrigé! Bref, du Dubois de haut calibre!

L'exposition, en résumé, est composée de deux lots de sérigraphies sur bois: les unes créées par M. Dubois cité précédemment, et les autres réalisées par Benjamin Deshaies. Les univers des deux artistes se recoupent principalement dans la représentation de personnages loufoques, déchus, colorés ou pathétiques, issus d'un imaginaire riche et d'une culture populaire marginale. Au menu: Batman, Kevin McCallister, Youppi et formes bébéesques colorées. Quoi demander de mieux?

Mes coups de coeur: Dimanche de Mathieu Dubois, pour la magnifique scène hivernale. Loser, toujours de Dubois, pour le magnifique contraste du vert et du orange velu ce bon vieux Youppi,  et Ben pogne, que vous pouvez voir en partie sur l'affiche de l'expo. Et les grands formats de Deshaies, pour leurs centaines de petites faces et pour leurs titres géniaux (I'm hungry, let's get a taco, ou encore Si cette mouche-là continue à me faire chier, je vais trop te la monsieur miyaguer)

Bref, de belles découvertes que vous pourrez faire aussi en vous y rendant. Je crois que ça finit très bientôt, mais il vous reste certainement un petit moment pour en profiter. Sinon, retenez ces deux noms! Ça en vaut bien la peine.

Headquarters Galerie Boutique
http://www.hqgalerieboutique.com/
1649, Rue Ahmerst
Montréal

dimanche 29 août 2010

La France et sa dynastie d'artistes, réunis en un seul endroit (ou deux).

Vincent Mauger, Sans titre (2010)
Une vue de la partie présentée au Palais de Tokyo
L'exposition Dynasty présentée au Palais de Tokyo et au Musée d'art moderne de la Ville de Paris tire déjà à sa fin et j'ai beaucoup à dire sur le sujet. Cette exposition-là, c'est un peu le pendant français de la Triennale québécoise où, pour résumer, un melting-pot de jeunes artistes prometteurs présents sur la scène internationale contribuent à donner une image dynamique de la ville aux visiteurs étrangers. Je résume très très brièvement, mais c'est à peu près ça. N'y connaissant pas grand-chose à la nouvelle scène artistique française, c'était une bonne occasion pour moi de me familiariser avec les artistes actuels et la tendance générale (s'il y en a une).

Et là bon, je sais que j'ai établi une comparaison avec la Triennale québécoise, mais disons-le tout de suite, en terme de superficie, ça ne se compare pas du tout. En investissant l'espace à la fois du Palais de Tokyo ET du Musée d'art moderne de la Ville de Paris et en demandant à chaque artiste de créer deux pièces, Dynasty a créé un monstre. L'exposition est immense, vraiment immense. Mais le truc bien, c'est que ce n'est pas surchargé (comme l'étaient certaines des salles de la Triennale, à mon souvenir) et que chacune des quatre-vingts pièces est présentée convenablement, sans être polluée par la suivante. Pour garder la comparaison, la Triennale comptait 135 oeuvres, dans un endroit équivalant approximativement à la moitié de ce que l'on a ici. La comparaison s'arrête maintenant, parce que pour réellement peser le pour et le contre, je devrais aussi m'attaquer au budget et ça, ça ne me tente pas. Voilà.

J'ai débuté ma visite par la partie présentée au Musée d'art moderne, sans raison autre que le fait que je suis arrivée trop tôt et que le Palais n'était pas encore ouvert. Après être tombée face à face avec un tapis géant (magnifique) et avoir traversé une forêt de speakers, l'oeuvre de Vincent Mauger (Sans titre, 2010), une sculpture immense faite de casiers à bouteilles en polystyrène, m'a littéralement saisie. Je me serais crue en pleine caverne avec devant moi un tas de stalactites, ou bien sous l'eau regardant un iceberg (mais gris). Le tout heureusement moins angoissant côté claustrophobie. Un peu plus loin, Duncan Wylie présente ses toiles à l'huile consacrées à des ruines, et c'est franchement bien rendu. Dans mon petit cahier de notes, il y a deux étoiles à côté de son nom. Mais bon, mon système d'appréciation est assez rudimentaire. Si vous y apparaissez un jour, vous aurez soit deux étoiles, une étoile ou malheureusement, aucune étoile. Je vous souhaite donc la meilleure des chances. Et pour revenir à Wylie, je disais donc que ce récipiendaire de deux étoiles dans mon cahier (ce n'est pas rien!) avait produit de magnifiques toiles de ruines, ou plutôt de restants d'habitations. Ça a quelque chose de très tragique, cette série, mais les couleurs sont si belles que je me suis surprise à oublier le thème pour ne regarder que le côté abstrait de la chose. Et pour terminer avec une dernière oeuvre (parce qu'il y en a définitivement trop et que je ne suis qu'à la première partie), je dirais que Julien Dubuisson et sa Ghost Dance (2010), une série de pas fossilisés dans un carré de ciment, ont aussi marqué mon parcours. C'est tout simple, et ça fait sourire. Quoi demander de plus.

Ça m'a surpris moi même, mais les artistes sur qui j'ai accroché en première partie ne furent pas du tout ceux qui me plurent en seconde. Et j'ai d'ailleurs eu bien du mal à me rappeler qui avait fait quoi (sauf exception) dans chacun des lieux, par la suite. Mais pour ceux avec qui le rapprochement s'est fait, ce fut bien intéressant de voir la proposition d'un endroit à l'autre. La pièce d'entrée au Palais de Tokyo, l'intrigante Strategies for Post-Apocalyptic Computation (2009) de Robin Meier et Ali Momeni, est un véritable ovni sonore amplifiant des sons créés par trois insectes vivants. Ça a quelque chose d'un mantra, et ça semble particulièrement agacer les gardiens de sécurité (et moi je trouve ça drôle). L'immense salle suivante est sublime dans son ensemble (ce qui est assez rare je trouve, dans le cadre d'expositions) et regroupe la plupart des sculptures grand format de cette partie. Toutefois, une série de collages en noir et blanc de Alexandre Singh (Assembly Instructions (Manzoni, Klein et al.), 2008), disposés à la manière d'une marche à suivre, se détache timidement du mur du fond. Juste assez pour me rappeler Moholy-Nagy l'espace d'un instant sans en posséder toute la poésie. Plus loin, dans un espace malheureusement bien mal éclairé, un petit crâne fait de rognures d'ongles recueillies sur un an par Laurent Le Deunff trône sous son cube de verre. On se demande à quoi l'artiste a pensé, mais c'est efficace et très bien rendu. Dans les pièces suivantes, Mélanie Delattre-Vogt présente une série de 21 dessins (Instructions, 2010) expliquant différentes actions culinaires telle le déplumage d'un canard. Et bizarrement, malgré mon végétarisme solidement ancré, j'ai bien apprécié. Je me rends d'ailleurs compte que j'ai beaucoup plus de coups de coeur dans cette partie au Palais de Tokyo qu'au Musée d'art moderne. Allez savoir pourquoi. L'ensemble Esthétique des différends (2010) de Benoît Maire, composée de collages, de dessins, de notes, de peintures et d'autres petits trucs, est probablement l'oeuvre du lot qui m'a le plus touchée et qui m'a semblé la plus sensible. Et sinon, pour terminer, la pyramide d'objets de Jorge Pedro Nuñez (Hommage à Simon Rodia, The Watts Towers (nuestro pueblo), 2010) captivait par son ramassis éclectique empilé de façon méthodique. Je me suis bien amusée à faire des trouvailles parmi les vieilleries disposées là.

Cette exposition-là, c'est de loin la meilleure qu'il m'a été donné de voir depuis mon arrivée en France. C'est de l'éclectisme dans toute sa splendeur. C'est un ramassis qui n'a pas l'air brouillon. C'est un panorama à la limite du contrôlé. Et c'est surtout une très belle façon de découvrir les nouveaux artistes français de la scène mondiale. Je vous la conseille donc fortement, surtout qu'il reste encore une bonne semaine pour y aller, le tout se terminant le dimanche 5 septembre. Allez y!

Musée d'art moderne de la Ville de Paris
http://www.mam.paris.fr/
11, avenue du Président Wilson
75116 Paris
Métro Iéna

Palais de Tokyo
http://www.palaisdetokyo.com/
13, avenue du Président Wilson
75116 Paris
Métro Iéna

samedi 31 juillet 2010

C'est surprenant, mais il me reste encore des trucs à dire sur Pompidou

www.bluetravelguide.com
Laszlo Moholy-Nagy, Composition A.XX (1924)


































http://sd-16847.dedibox.fr
Otto Dix, Portrait de la journaliste Sylvia Von Harden (1926)




































À Pompidou, il n'y a pas que les expositions temporaires, non monsieur! Il y a aussi un immense musée d'art moderne, et ça, j'ai oublié de vous en parler. Bon, je ne ferai pas l'étendue de tout ce que j'y ai vu et je ne ferai pas l'éloge de Picasso parce que pour ça, nous avons déjà les livres d'histoire de l'art. Mais tout de même, voici un petit récapitulatif de ce qui m'a le plus accroché.

Là, je vais débuter par le classique des classiques, La blouse roumaine (1940) de Matisse, qui doit sans aucun doute être la toile, parmi toutes les toiles, qui me rappelle le plus ma jeunesse. J'ADORAIS cette oeuvre et je ne peux que l'aimer encore aujourd'hui. Mais bon, j'ai écrit que je ne ferais pas l'éloge de Picasso et ça compte aussi pour Matisse. Disons juste que j'étais bien heureuse de la voir, finalement.

Sinon, les sections comprenant les oeuvres de Man Ray et de Laszlo Moholy-Nagy étaient tout simplement sublimes. En fait, il n'y avait qu'une seule toile de Moholy-Nagy mais tout de même, chaque fois que je vois ses travaux, je jubile. Là, c'était Composition A.XX (1924), et c'était génial. C'est difficilement remarquable sur la reproduction web, mais il y a une profondeur incroyable dans cette oeuvre, vraiment. Pour ce qui est de Man Ray, une salle complète était réservée à ses "rayographies", en plus d'y avoir le film Les mystères du château du Dé (1929). Donc de ce côté là, j'étais assez gâtée.

Ma grosse déception, toutefois, fut un mobile de Calder mal accroché (pour la énième fois). En fait, Requin et baleine (1933) est une oeuvre qui pourrait être splendide mais qui se perd ici dans un fond rempli d'autres toiles et sculptures. Le problème ne se pose pas avec les oeuvres 2D collées au mur mais avec les mobiles, c'est assez facile de rater un accrochage. Et c'est ce qui est arrivé. Dommage. Par contre, Pompidou s'est un peu repris côté Calder en nous faisant cadeau d'un magnifique stabile (Nageoire (1964)), installé à l'extérieur, en hauteur. Mais tout de même, je rêve du jour où je reverrai un de ses mobiles dans une installation convenable.

Et maintenant, pour mon palmarès des cinq oeuvres restantes (et non les moindres!), je débuterais par Christo et son Package on a table (1961), parce que j'aime son esthétique des trucs enveloppés. Ensuite Rauschenberg et Oracle (1962-65), une sculpture sonore immense, créée à partir d'objets du quotidien (baignoire, escalier, porte de voiture, etc.). Le Corbusier aussi, puisqu'un meuble studio-bar de 1930 est présenté dans une des salles, avec photographie de la pièce dans son environnement original, et que c'est tout simplement sublime. Sinon pour terminer, Otto Dix et son Portrait de la journaliste Sylvia Von Harden (1926), tout de rouge peint, et The Deep (1953) de Jackson Pollock.

Fiou! J'y suis arrivée. Et je vous avertis, condenser un musée d'art moderne complet en cinq paragraphes, je ne ferai pas ça tous les jours. Mais tout de même, si vous avez la chance de vous rendre à Pompidou prochainement, je vous conseille fortement de passer par ces quelques oeuvres qui à mon avis, valent grandement le détour.

Centre Pompidou
Place Georges Pompidou
75004 Paris
Métro Rambuteau, Hôtel de Ville ou Châtelet
RER Châtelet - Les Halles
http://www.centrepompidou.fr/

mardi 20 juillet 2010

L'usine à peintures de Freud

www.ibiblio.org
Lucian Freud, Factory in North London (1972)
Lucian Freud, Two Japanese wrestlers by a sink (1983-87)


















Je ne connaissais pratiquement pas Lucian Freud, avant d'aller voir l'exposition présentée à Pompidou. En fait, tout ce que ses oeuvres m'inspiraient (du peu que j'avais vu), c'était leur ressemblance avec les peintures de Francis Bacon, mais en moins surréaliste. Et n'étant pas particulièrement fan de ce dernier, ce n'était pas gagné d'avance pour le petit-fils de Sigmund.


Finalement, de dois dire que je me trompais. En fait, pas totalement. Mais disons que j'y ai trouvé beaucoup plus mon compte que je ne l'aurais cru. Tout d'abord, le côté plus rigide et quasi-documentaire de Freud, présent surtout dans ses débuts, m'a beaucoup plu. Ses toiles d'usines (notamment Factory in North London, 1972) sont dotées d'une luminosité et d'une sensiblité assez remarquables pour le sujet exploité et la technique employée. Two Japanese Wrestlers by a Sink (1983-87), ayant été produite une dizaine d'années plus tard, porte selon moi la même marque, en plus de son côté humoristico-conceptuel. Et c'est vraiment ce côté là de Freud qui m'a fait accrocher au reste.

Le reste en question est consacré aux portraits et autoportraits, principalement nus. Freud est d'ailleurs souvent qualifité de "maître de la chair", et avec raison. Ça n'a pourtant pas empêché une jeune fille de crier au scandale en voyant la première toile du lot: "Il y a du gris, c'est indécent!". Comme si le mouvement impressionniste n'avait jamais eu lieu et que l'on imaginait encore la décomposition des corps dès qu'il y avait un peu de gris ou de vert sur la toile. Non mais...

La toute fin de l'exposition présentait aussi quelques photographies de David Dawson, représentant Freud et son environnement de travail: son mur épaissi par toutes les taches de peinture, son jardin, son chevalet, son chien. Et lui-même, le peintre.

Centre Pompidou
Place Georges Pompidou
75004 Paris
Métro Rambuteau, Hôtel de Ville ou Châtelet
RER Châtelet - Les Halles
http://www.centrepompidou.fr/

dimanche 18 juillet 2010

Paul Klee + Orangerie + gratuit = plaisir garanti?

Paul Klee
Avant de me rendre au Musée de l'Orangerie dimanche passé pour voir l'exposition sur Paul Klee, je dois dire que j'avais de bonnes attentes. En fait, je n'espérais pas nécessairement être renversée, parce que Klee, tout de même, je le connais bien. Mais ça allait être la première fois que je serais entourée d'autant d'oeuvres du peintre suisse en un même endroit et je comptais bien en profiter.

Pour vous mettre en contexte, le premier dimanche du mois, à Paris, il y a plein de musées gratuits, dont celui de l'Orangerie. Et comme je ne suis qu'une pauvre stagiaire étrangère sans le sou, c'était ma chance de pouvoir y entrer sans sortir le moindre centime de ma poche. Et bon, je ne regrette pas de n'avoir rien payé puisque j'ai été amèrement déçue par cette exposition.

En fait, je n'ai pas été déçue par Klee, évidemment. C'est un peintre exceptionnel et je ne vois pas comment je pourrais ne plus l'aimer. Et certaines oeuvres présentées étaient franchement magnifiques. Mais leur installation était, selon moi, d'une rigidité et d'une scolarité assez déconcertantes. Le tout manquait également de substance et d'originalité. En fait, pour qui connait un tant soit peu Klee, il y avait bien peu de choses à découvrir. Une salle était même consacrée au documentaire Le silence de l'ange de Michaël Gaumnitz, un film disponible partout, dans tous les bons marchands de dvds et dans les boutiques de musées. Je n'ai rien contre sa présentation, mais ça démontre tout de même un manque flagrant de recherche. Il n'y avait aucun document d'archive (quelques livres en édition originale mais aucun trésor), aucun croquis, aucun point de vue nouveau sur l'oeuvre. Et ce "peu" était présenté dans un environnement à l'esthétique douteuse, à la limite d'être anti-Bauhaus.

L'ensemble a valu la peine, parce que c'était gratuit et que c'était Klee. Mais sinon, c'était bien décevant.

La partie restante du musée était consacrée aux oeuvres permanentes, dont la série des Nymphéas de Claude Monet, qui impressionnait tout de même par sa grandeur, à défaut d'impressionner pour autre chose. Encore une fois, Cézanne m'a ravie, avec son Portrait du fils de l'artiste (1881-1882). La salle consacrée à Soutine et Utrillo était vraiment bien, je dois le dire. Modigliani était bien représenté, mais un peu trop près du Douanier Rousseau. Matisse et Picasso étaient à la hauteur, comme toujours. Et j'ai eu un moment de nostalgie en voyant quelques oeuvres de Renoir, en particulier une dont la reproduction trônait fièrement dans l'appartement de la mère de mon amie Mélissa, à l'époque. Ce souvenir m'a presque fait oublier Klee, quand même. Et ce n'est pas peu dire!

www.pourlascience.fr
Paul Klee, Avant l'éclair (1923)




















Le Musée de l'Orangerie
http://www.musee-orangerie.fr/
Jardin des Tuileries
75001 Paris
Métro Concorde