vendredi 16 octobre 2009

Souvenirs d'Ottawa


Souvenirs d'Ottawa, 2009
Collage

Je suis allée visiter Ottawa pour la première fois le weekend passé et j'y ai vu beaucoup trop de belles choses. Mais ma plus grande fixation, au delà des oeuvres du Musée des Beaux Arts, revient aux structures métalliques rencontrées au fil des promenades. Vues du Pont Alexandra, toit de vitre du Musée, parties d'échafauds et pylônes électriques occupent la plus grande partie de mon album photo. Voilà pourquoi j'ai décidé d'en faire un petit collage rapido presto.
J'aime définitivement les collages.

Et je vous parle très bientôt de ma visite au Musée des Beaux-Arts, parce que c'était incroyable!

jeudi 24 septembre 2009

Des affaires de filles (et autres affaires aussi, un peu)


Dita Kubin, Matrimonial Suite #1

Ça faisait un petit bout que je n'étais pas allée faire mon tour au Belgo et ça me manquait. J'y ai donc remédié au début du mois en allant profiter des expositions de la Galerie SAS, Kérozène et Donald Browne.

Tout d'abord, à la Galerie SAS, on nous présentait 2Fik, seul artiste masculin de mon parcours au Belgo. J'en parle en tout premier parce que c'est probablement ce qui m'a le moins plus plu de tout le lot (je garde les rouges pour la fin), mais tout de même, ça mérite d'être mentionné. Parce qu'à travers ses photographies comico-narrativo-engagées (rien de moins), il réussit très bien à faire passer une problématique identitaire actuelle et nécessaire. Et il réussit aussi à créer des petits malaises d'avoir ri alors que le sujet est presque dramatique. En fait, je suis rabat-joie. Il y a plein de raisons d'aimer cette expo, mais je n'y arrive pas. Je pense que c'est a cause du côté comique, justement. 2Fik a voulu se ranger du côté de la drôlerie, à la façon d'un photo-roman, mais sans l'esthétique qui l'accompagne. Et ça, pour moi, ça détonnait. Et ça agaçait. Donc bref, à voir pour l'idée générale et pour les quelques sourires que la vue de l'artiste travesti et déguisé en une foule de personnages procure.

Dans la pièce du fond, de grandes oeuvres papier couvrent les murs de masses noires envahissantes. Ça m'a fait penser à la série Fear the Doily (2007) d'Alain Bonder dont j'avais déjà parlé ici (voir mon billet du 15 octobre 2008), mais en plus tordu, tortillé, emmêlé. Et en s'inspirant d'un thème totalement différent: la chevelure. On y voit donc des personnages confrontés à une masse de cheveux, luttant contre celle ci ou se laissant tout simplement envahir, dominer. Et toutes ces variations de réactions face aux masses se déroulent à l'encre sur d'énormes feuilles de papier archive Fabriano. Et c'est vraiment très réussi.

Une autre chose très réussie est cette exposition de Maryline Blais dans l'espace 2. Encore ici, c'est de dessin dont il est question. De dessin beaucoup plus petit, certes, mais nous présentant des personnages féminins pas si minuscules, oh non! Parce que dans les scènes imaginées par Maryline Blais, le laisser-aller est à l'honneur. Les femmes y sont grosses, impropres, névrosées, poilues, molles et totalement queers. On se croirait en plein conte traditionnel russe, dans un coin très très très reculé. Et on aime ça.

À la Galerie Kérozène (où je n'étais jamais allée), Dita Kubin présente une série de photographies sur le thème de l'abandon et de la relation à soi-même. C'est donc dans ce processus de dévoilement et de mise à nu qu'elle se met en scène, en unique sujet de ses oeuvres. On entre dans cette exposition comme dans l'intimité de quelqu'un, de façon croissante et toujours plus en confiance. En douceur. C'est juste assez flou. Juste assez romantique (en gardant une bonne part de quotidien). Je m'y suis reconnue, par moments. Le reste du temps, j'ai ressenti (beaucoup).

Finalement, à la Galerie Donald Browne, Eve K. Tremblay continue ses tentatives de mémoriser le livre Fahrenheit 451 de Ray Bradbury (comme les Hommes-livres du roman), en documentant le tout avec une série de photographies et de vidéos. Je dois dire que pour quelqu'un qui, comme moi, travaille en librarie, il y a un certain intérêt à voir quelqu'un lire un bouquin (que l'on est capable d'identifier et qui n'est pas trop mauvais). Il y a du voyeurisme là-dedans, certainement. Mais aussi un petit quelque chose de purement esthétique. Donc juste pour ça, je peux dire que j'ai aimé l'exposition. Mais aussi (beaucoup) pour le concept.
À voir donc, même si j'en parle encore quand il ne reste que peu de temps pour s'y rendre.

Les expositions à la Galerie SAS sont là jusqu'au 26 septembre, celle de Eve K. Tremblay jusqu'au 3 octobre et celle de Dita Kubin jusqu'au 4 octobre.

Édifice Belgo
(Espace 416 pour SAS, 420 pour Kérozène et 524 pour Donald Browne)
372, Rue Sainte-Catherine Ouest
Métro Place-des-Arts

Et pour en savoir plus sur les expositions en cours au Belgo (et pour une liste des galeries), rendez vous sur le blog de Bettina Forget.

mercredi 23 septembre 2009

Pourquoi je parle toujours d'expositions terminées...

1) J'aime prendre du recul par rapport aux trucs que je vais voir. Et souvent, le recul dure le temps que l'exposition se termine. Je n'y peux rien. C'est comme ça.

2) À la base, mon but n'est pas de promouvoir des expositions. J'aime l'art. Point à la ligne. Et si je peux réussir à transmettre ma passion, j'en serais ravie. C'est important, de fréquenter nos lieux de culture. VRAIMENT important. Mais je ne crois pas que d'inciter les gens à consommer des expos en les bombardant de pub soit la chose à faire. Il y a déjà tellement de projection pour si peu de compte-rendus.

3) Je ne suis pas très assidue/organisée/pressée.

4) Je vis dans le passé.

samedi 19 septembre 2009

Hula hoop


Stylo bille et crayon de couleur de bois orange, 2009

Premier essai pour un dessin que je veux faire d'une scène vraiment cocasse à laquelle j'ai assisté. C'était il y a pas si longtemps, en marchant pour aller travailler, au coin de St-Denis et Cherrier. Et ça impliquait un hula hoop et un dépanneur, comme vous pouvez le voir.

Le dessin en ce moment est vraiment loin d'être parfait. J'ai utilisé deux feuilles que j'ai raboutées (plutôt mal) ce qui fait que des lignes sont brisées et que ça donne quelque chose de pas très fluide. Bref, les nouvelles versions devraient aller en s'améliorant!

jeudi 17 septembre 2009

La fin de l'été (heureusement) pour mieux faire débuter l'automne...

L'été n'est facile pour personne, c'est connu. Du moins, dans le merveilleux monde des galeries. Mais bon, cette dure période tire à sa fin et nous en sommes tous heureux, je le sens.

Malgré tout, je ne laisserai pas cette période s'évaporer sans vous parler un tout petit peu des dernières expositions que j'ai vues, même si comme d'habitude, elles sont terminées et que vous ne pourrez pas en juger par vous même. Mais ce n'est pas si grave, en fait, étant donné que le meilleur est à venir, je vous le jure!

Bon alors à l'avant-dernière journée d'août (pour être précise), je me suis rendue à la Fonderie Darling pour profiter des derniers instants de l'installation vidéo Waiting for High Water (2005)de Jana Sterbak. C'est la deuxième fois que je parle de cette artiste ici mais la première fois était si expéditive (voir mon billet du 23 août 2009 sur Flagrant Délit à Espace Shawinigan) que je me permets de vous en glisser un petit mot. Parce qu'en fait, si vous connaissez un tout petit peu l'art contemporain, vous devez certainement avoir déjà entendu parler de la robe de viande (Vanitas, robe de chair pour albinos anorexique (1987)) qui avait fait tant jaser à l'époque. Et donc, vous avez inévitablement entendu parler de Jana Sterbak qui en est la créatrice. L'installation vidéo présentée à la Fonderie Darling n'a vraiment rien en commun avec les robes, ni avec la viande d'ailleurs, mais elle déstabilise beaucoup. Chaos, perte de repères, assourdissement; voilà les mots qui me viennent à l'esprit en y repensant aujourd'hui. Parce que pour faire simple, imaginez simplement une ballade à Venise en période d'acqua alta, sur la tête d'un chien. Avec musique angoissante et tons bleutés. C'est franchement intéressant. Et ça méritait le détour à la Fonderie.


Jana Sterbak, Waiting for High Water (2005)

Ce qui le méritait pas mal moins, c'est l'installation de Rhonda Weppler et de Trevow Mahovsky présentée dans l'autre salle. Sun in an Empty Room (2009), le titre de l'oeuvre, résume assez bien le concept; on parle donc ici d'une pièce vide, au sol recouvert de papier journal, avec quelques "sculptures" (en papier journal toujours) recouvertes partiellement de papier d'emballage brillant, sensé témoigner du soleil. Ça pourrait être intéressant, surtout que les artistes ont un processus assez intéressant, basé sur le caractère évolutif des oeuvres et sur leur décomposition (d'ailleurs, vous pouvez voir des photos des modifications au lien ici ). Mais bon, malgré toute l'importance que j'accorde au concept et au processus créatif, je n'ai pas été très convaincue. Surtout que visuellement, on aurait cru voir un projet de cégep. Ce commentaire n'est pas de moi (merci Étienne) mais il est juste, à mon avis. Donc voilà une des raisons pour laquelle on est heureux que l'été se termine.


Rhonda Weppler et Trevow Mahovsky, Sun in an Empty Room (2009)

À la Galerie Orange, on avait choisi de reprendre des artistes de la maison (ou en tout cas, couramment vus à cet endroit) et de créer une sélection de portraits divers. Rien de bien original là dedans (je rappelle que l'été est quand même la période morte) mais tout de même, ça m'a permis de revoir certaines oeuvres que j'avais bien aimées à la galerie. Des créations de Pierre Durette et d'Alain Bonder, dont j'avais déjà parlé ici, par exemple (voir mon billet du 15 octobre 2008). Ou encore les très beaux portraits de Sophie Privé que j'aime de plus en plus. Ou les silhouettes énigmatiques de Rafael Sottolichio. Mais l'exposition m'a aussi permis de découvrir quelques trucs pas mal bien, comme ce que fait Alexis Lavoie.


Sophie Privé, Évelyne dans le loft (2009)


Alexis Lavoie, Des restes humains (2008)

Voilà donc pour la fin de l'été qui fut quand même pas trop mal, pour un été. Mais là, on entre dans le vif du sujet et je n'ai certainement pas terminé de vous parler de nouvelles expositions. Ma liste de choses à voir est GARGANTUESQUE. Me manque juste un peu de temps pour tout expérimenter mais je vais faire de mon mieux et je vous reparle de tout ça très prochainement. D'ailleurs, je viens tout juste de voir quelques petites merveilles au Belgo et mon prochain billet y sera probablement consacré. Vive l'automne!

Ha et aussi, voilà un petit lien bonus pour un débat savoureux sur la robe de viande de Sterbak.

Fonderie Darling
745, Ottawa
Montréal
(Métro Square-Victoria)
http://www.fonderiedarling.org/

Galerie Orange
81, Rue Saint-Paul Est
Montréal
(Métro Champ-de-Mars ou Place d'Armes)
http://www.galerieorange.com/

mardi 1 septembre 2009

Marie ressemblait beaucoup à une toile de Gauguin


Crayon graphite et pointe fine, 2009

Fisher Price

Pointe fine, 2008
J'ai eu une courte (mais intense) obsession pour les vieux bonhommes Fisher Price il y a un certain temps. J'avais alors l'intention de me servir de ça pour un autre projet en cours qui aurait pu très bien inclure les deux idées, mais comme plusieurs autres créations, ça n'a pas encore abouti.
Je suis maintenant prise avec des tonnes de feuilles comme celle-ci, remplies de dessins de figurines Fisher Price. J'avais même commencé à en découper, ce qui fait que je me retrouve aussi avec ceci:


lundi 31 août 2009

Bric-à-brac (ou comment se laisser influencer par Monk, Nick Cave, Damien Robitaille et Lemony Snicket)


Pointe fine et feutre, 2009

L'obsession du motif


Pointe fine et feutre, 2009

Pendant mes vacances, j'ai fait une série de dessins plutôt louche, très axée sur une répétition (très répétitive) de motifs. Ça, c'est un poisson.

dimanche 30 août 2009

Polidori, Hurlbut, Davis et Goodwin au MAC

Dans la (trop courte) série des expositions estivales, le Musée d'art contemporain en présente plusieurs en ce moment qui valent vraiment la peine et qui méritent que l'on troque nos activités extérieures pour en faire l'expérience.

Je suis un peu en retard pour en parler parce que j'ai eu l'idée sordide de prendre des vacances entre temps, mais la plupart des expositions se terminent le 7 septembre donc il vous reste encore quelques jours pour vous y rendre.

Voilà donc ce que vous pourrez admirer si vous y allez (mais je sais que vous irez):

1) Robert Polidori et ses magnifiques séries photographiques.
Endroits délabrés, dévastés, vestiges d'après sinistres, sites interdits, facettes cachées et transformations par le temps sont autant de préoccupations au coeur de l'oeuvre de Polidori. Et il est vraiment saisissant de voir le passé de lieux se révéler sur clichés et de ressentir la place que prenait les anciens occupants. Il faut voir sa série La Nouvelle-Orléans, ou encore Pripiat et Tchernobyl pour saisir l'ampleur de certaines catastrophes, ressentir leurs effets sur l'habitat et sur la vie en général.


www.metmuseum.org
Robert Polidori, 2732 Orleans Ave., New Orleans, Louisiana, USA (2005)


www.metiviergallery.com
Robert Polidori, Operating Room in Hospital #126, Pripiat (2001)

2) Spring Hurlbut et ses lits d'enfants
Ne serait-ce que pour le premier coup d'oeil que l'on y jette (saisissant, englobant), l'installation Le jardin du sommeil (1998) de Spring Hurlbut vaut la peine d'être vue. Imaginez vous une très grande pièce remplie de lits d'enfants en métal, tous allignés comme dans un cimetière, avec lumière tamisée: ça vous donne un visuel incroyable et 1001 interprétations possibles.

3) Christine Davis
La petite partie du MAC consacrée à l'artiste Christine Davis manque de quelque chose. En fait, elle manque de plusieurs choses. Parce que, malgré les références artistiques multiples à la base de son exploration (Mallarmé, Loïe Fuller, Nijinski, etc.) l'ensemble manque un peu de personnalité. On a l'impression de faire une mini-tournée du XXe siècle, en quelques minutes, à l'aide d'une esthétique intéressante et de quelques idées de présentation audacieuses, mais pas de s'imbiber du travail d'une artiste bien définie.

4) Betty Goodwin
Je n'ai pas vraiment besoin de vous la présenter. Et si oui, je vous conseille fortement d'aller voir ce très beau parcours de son oeuvre, ne serait-ce que pour vous coucher un peu moins inculte. Parce que Betty Goodwin était une artiste incroyable. Vraiment. Et que d'essayer de vous la décrire serait laborieux. Allez juste voir son dessin Red Sea (1984) en vrai de vrai et vous allez tout comprendre.


www.macm.org
Betty Goodwin, Red Sea (1984)

5) Vidéomusique
J'ai manqué de temps lors de ma visite alors je suis malheureusement passée à côté de Vidéomusique. Et j'avoue que j'aurais vraiment voulu voir la direction qu'a pris ce concept, après l'année dernière consacrée à la musique Made In Québec, et l'édition précédente tirant un peu dans tous les sens. Mais j'y retourne, promis.

Robert Polidori, Christine Davis et Spring Hulburt sont présentés jusqu'au 7 septembre.
Betty Goodwin jusqu'au 4 octobre et Vidéomusique jusqu'au 1e octobre.
Et je ne le répèterai jamais assez: la carte Branché sur le MAC se vend 10$ et vous avez accès à toutes les expositions, pendant 1 an. À 8$ l'entrée pour les adultes, je pense qu'il est assez facile d'entrer dans son argent.

Musée d'art contemporain de Montréal
185, Rue Sainte-Catherine Ouest
(Métro Place des Arts)
http://www.macm.org/