L'été n'est facile pour personne, c'est connu. Du moins, dans le merveilleux monde des galeries. Mais bon, cette dure période tire à sa fin et nous en sommes tous heureux, je le sens.
Malgré tout, je ne laisserai pas cette période s'évaporer sans vous parler un tout petit peu des dernières expositions que j'ai vues, même si comme d'habitude, elles sont terminées et que vous ne pourrez pas en juger par vous même. Mais ce n'est pas si grave, en fait, étant donné que le meilleur est à venir, je vous le jure!
Bon alors à l'avant-dernière journée d'août (pour être précise), je me suis rendue à la Fonderie Darling pour profiter des derniers instants de l'installation vidéo
Waiting for High Water (2005)de Jana Sterbak. C'est la deuxième fois que je parle de cette artiste ici mais la première fois était si expéditive (voir mon billet du 23 août 2009 sur Flagrant Délit à Espace Shawinigan) que je me permets de vous en glisser un petit mot. Parce qu'en fait, si vous connaissez un tout petit peu l'art contemporain, vous devez certainement avoir déjà entendu parler de la robe de viande (
Vanitas, robe de chair pour albinos anorexique (1987)) qui avait fait tant jaser à l'époque. Et donc, vous avez inévitablement entendu parler de Jana Sterbak qui en est la créatrice. L'installation vidéo présentée à la Fonderie Darling n'a vraiment rien en commun avec les robes, ni avec la viande d'ailleurs, mais elle déstabilise beaucoup. Chaos, perte de repères, assourdissement; voilà les mots qui me viennent à l'esprit en y repensant aujourd'hui. Parce que pour faire simple, imaginez simplement une ballade à Venise en période d'acqua alta, sur la tête d'un chien. Avec musique angoissante et tons bleutés. C'est franchement intéressant. Et ça méritait le détour à la Fonderie.
Jana Sterbak, Waiting for High Water (2005)Ce qui le méritait pas mal moins, c'est l'installation de Rhonda Weppler et de Trevow Mahovsky présentée dans l'autre salle.
Sun in an Empty Room (2009), le titre de l'oeuvre, résume assez bien le concept; on parle donc ici d'une pièce vide, au sol recouvert de papier journal, avec quelques "sculptures" (en papier journal toujours) recouvertes partiellement de papier d'emballage brillant, sensé témoigner du soleil. Ça pourrait être intéressant, surtout que les artistes ont un processus assez intéressant, basé sur le caractère évolutif des oeuvres et sur leur décomposition (d'ailleurs, vous pouvez voir des photos des modifications au lien
ici ). Mais bon, malgré toute l'importance que j'accorde au concept et au processus créatif, je n'ai pas été très convaincue. Surtout que visuellement, on aurait cru voir un projet de cégep. Ce commentaire n'est pas de moi (merci Étienne) mais il est juste, à mon avis. Donc voilà une des raisons pour laquelle on est heureux que l'été se termine.
Rhonda Weppler et Trevow Mahovsky, Sun in an Empty Room (2009)À la Galerie Orange, on avait choisi de reprendre des artistes de la maison (ou en tout cas, couramment vus à cet endroit) et de créer une sélection de portraits divers. Rien de bien original là dedans (je rappelle que l'été est quand même la période morte) mais tout de même, ça m'a permis de revoir certaines oeuvres que j'avais bien aimées à la galerie. Des créations de Pierre Durette et d'Alain Bonder, dont j'avais déjà parlé ici, par exemple (voir mon billet du 15 octobre 2008). Ou encore les très beaux portraits de Sophie Privé que j'aime de plus en plus. Ou les silhouettes énigmatiques de Rafael Sottolichio. Mais l'exposition m'a aussi permis de découvrir quelques trucs pas mal bien, comme ce que fait Alexis Lavoie.
Sophie Privé, Évelyne dans le loft (2009)
Alexis Lavoie,
Des restes humains (2008)
Voilà donc pour la fin de l'été qui fut quand même pas trop mal, pour un été. Mais là, on entre dans le vif du sujet et je n'ai certainement pas terminé de vous parler de nouvelles expositions. Ma liste de choses à voir est GARGANTUESQUE. Me manque juste un peu de temps pour tout expérimenter mais je vais faire de mon mieux et je vous reparle de tout ça très prochainement. D'ailleurs, je viens tout juste de voir quelques petites merveilles au Belgo et mon prochain billet y sera probablement consacré. Vive l'automne!
Ha et aussi, voilà un petit
lien bonus pour un débat savoureux sur la robe de viande de Sterbak.
Fonderie Darling
745, Ottawa
Montréal
(Métro Square-Victoria)
http://www.fonderiedarling.org/Galerie Orange
81, Rue Saint-Paul Est
Montréal
(Métro Champ-de-Mars ou Place d'Armes)
http://www.galerieorange.com/